Le blog de Pierre Kalaijian

BW YW, Interview de Jeremy Kohlmann

La semaine dernière, nous recevions Jeremy et Adrien, Founders de BW YW, dans le cadre des Rencontres Professionnelles du mercredi. Cette intervention pleine d'énergie fut extrêmement concrète et enrichissante pour nos étudiants (Genèse du projet, passion, ambition, monétisation, entrepreneuriat, différenciation et engagement). De nombreuses questions furent posées par les étudiants dans un climat d'échange et de partage.

Retour sur le portrait de ces blogueurs d'un nouveau genre !

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- Bonjour Jeremy, Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Ton parcours, tes passions, toi ?

Je m'appelle Jérémy Kohlmann, originaire de Strasbourg j'ai effectué un M2 en Stratégie digitale des marques à l'ISEG Strasbourg avant de migrer vers Paris pour mon activité principale. J'ai créé BW-YW en juin 2012, à la suite d'une rencontre et dans une volonté de transmettre quelque chose sur le style masculin, au même rythme que ce que j'apprenais sur le sujet. A part ça je suis surtout un boulimique de lecture et de SF un peu cheap.

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- Tu n'es pas seul, qui sont tes partenaires et quel est leur rôle ?

Si j'ai commencé seul, j'ai très vite été rejoint par Sidney (début 2013) qui m'a aidé à rendre les premiers articles plus consistants pour le blog. S'ill est parti vers d'autres horizons professionnels aujourd'hui, il fait toujours un peu partie de l'équipe. C'est ensuite Adrien qui m'a rejoint, d'abord pour corriger quelques petites choses sur le site, puis pour rédiger quelque articles. Moins d'un an après son arrivée, il est mon principal collaborateur et est en charge de tout ce qui touche à l'éditorial sur le blog. C'est aussi mon binôme quand il s'agit de faire Ping pong sur certaines idées pour les amener à leurs limites. Enfin très récemment, c'est Max qui nous a rejoint pour écrire quelques articles en parallèle de ses études à Hong Kong.

- Peux-tu nous dire quelques mots sur BW YW ?

Initialement petit blog, pour le plaisir, BW-YW est devenu un peu malgré moi un média sur le style masculin qui compte un peu plus chaque jour (ça a l'air un peu pompeux comme ça, mais on est surtout très fiers sans vraiment comprendre ce qu'il nous arrive). L'idée de base, était de transmettre une mode, un style qui sortiraient des basiques masculins. Grand nombre de très bons blogs dispensent déjà ces conseils et le font probablement bien mieux que nous, il s'agissait donc de se placer plus loin dans l'évolution du style, de sortir des sentiers battus. C'est comme ça que nous sommes nés.

- Pourquoi ce Nom ?

Be What You Wear, l'idée est vraiment de s'approprier ses vêtements, de faire ce que l'on veut de son style, de s'éclater en fait. Il ne doit pas y avoir de barrières type : "que va-t-on penser de moi si je sors comme ça ?".

On peut se renouveler chaque matin, en ouvrant son placard et en se faisant plaisir. Le choix n'a pas à être compliqué.

- A quoi à qui ressemble « Marcel », votre lecteur ?

Marcel, c'est le lecteur type, il nous vient des autres blogs en général. Il a bien maitrisé les bases, il sait choisir un bon jean, une bonne chemise, la bonne matière et maintenant il veut aller plus loin que ça. Il a envie de maitriser la sprezzatura italienne, le workwear japonais, des mailles du Pérou ou encore des jeux de volumes dans ses tenues.

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C'est pour cela qu'il arrive chez nous, pour échanger là-dessus, et pour apprendre.

- Raconte-nous cette aventure ? La genèse du projet ?

Comme je le disais plus haut, je ne me suis pas toujours intéressé au style masculin, ni au style dans son ensemble d'ailleurs. C'est à la suite d'une rencontre que j'ai eu envie de m'intéresser de plus près à cet univers. Quand la personne avec qui vous partagez votre quotidien (ou une bonne partie) vous parle vêtements, textile, il s'agit de comprendre quelque chose. La première fois que j'ai entendu une phrase type "Tu as vu la laine bouclée utilisée par Chanel au défilé hiver, j'adore cette texture", je pense que j'ai fait une mini crise d'épilepsie... C'est un univers très obscur initialement, surtout pour l'homme ! J'ai eu envie de changer ça. Et en le changeant pour moi, j'ai créé BW-YW en me disant que cela pourrait intéresser d'autres personnes. Et paf (non pas les chocapics) le blog était né.

- La charte de BW YW est très engagée ! Pourquoi cet engagement ?

Le modèle de base des blogs mode, c'est de se payer avec de la publicité, de l'affiliation ; le problème alors, est que les blogs sont liés aux annonceurs par des partenariats qui finissent par gangrener la ligne éditoriale. On ne peut pas être franc sur la collection d'une marque qui nous verse tous les mois plusieurs milliers d'euros de recettes publicitaires. Par ailleurs, on respecte et comprend ceux qui ont choisi de travailler comme ça, ça a aussi plein de bons côtés.

Je pense que c'est le blog BonneGueule qui a ouvert la voie à ce nouveau modèle de blogging. Un modèle plus sain et dont les auteurs se rémunèrent en créant leurs propres produits. On a eu envie de ça assez rapidement, un modèle sain, indépendant, pour se faire plaisir librement.

- La demande de vos lecteurs et des lecteurs en général a-t-elle évolué ces deux dernières années ? si oui, en quoi ?

La demande dans sa globalité a augmenté selon moi, son attrait pour l'univers masculin aussi ; mais le profil de ceux qui demandent reste sensiblement le même selon moi. Il y a aussi bien le jeune de 16-18 ans qui débute, que le quarantenaire qui décide de changer de style, en passant par le Y de 30 ans qui veut aller plus loin dans sa relation au vêtement. Il est vrai toutefois que les lecteurs qui viennent à nous sont un peu plus pointus dans leurs questions et leurs choix depuis quelques années. L'information était de plus en plus libre d'accès, les lecteurs peuvent faire des choix plus réfléchis.

- Peux-tu nous dire quelques mots sur l'ADN de BW YW ? Votre différence ?

Notre "mantra" se compose de deux points finalement. Tout d'abord s'amuser avec ses vêtements, ne pas prendre la mode au sérieux. En effet il ne faut pas se prendre la tête, le vêtement n'est pas quelque chose de grave ni de sérieux. Il faut se rappeler qu'initialement, ça reste de la peau d'animaux ou du poil de mouton... Et en deuxième temps : Prendre très au sérieux ceux qui font la mode. Oui nous prenons à la légère le rapport au style, mais nous ne négligerons jamais les artisans, les ouvriers des usines, les savoir-faire, les créateurs qui font que nous pouvons avoir cette légèreté. Ce deuxième point est très important pour nous, sans lui le premier ne pourrait pas exister.

- Vous avez publié un livre version print et numérique intitulé « le guide du style en 59 Chapitres », que peux-tu nous dire sur ce manuel ?

Il est sorti en Juin 2014 et c'est à ce moment que Bw-Yw est devenu une entreprise au sens légal du terme. C'était notre façon de montrer notre expertise pour le lecteur mais aussi de dire aux autres acteurs du secteur : "il va falloir compter avec nous maintenant". Dans ce livre, nous traitons tout l'ensemble des basiques, puis nous allons plus loin avec différents styles et une partie sur les Fashion Week. L'idée était que le lecteur de ce livre évolue en lisant et que les chapitres suivent cette évolution.

- Vous créez un nouveau service à destination de vos lecteurs de coaching ... peux-tu nous en dire davantage ?

Le secteur du contenu numérique payant souffre ces dernières années, puisque l'information gratuite sur internet grandit ; toutefois beaucoup veulent encore apprendre, en ont besoin et sont prêts à payer pour être sûrs que l'on s'occupe d'eux correctement. Nous avons donc imaginé un service aux entreprises. Code Cravate. Cette formation qui sortira en février, permettra aux professionnels de mieux s'habiller pour le cadre formel, de maitriser le costume, la chemise et tout ce qui fait un professionnel sérieux devant ses pairs.

- Tu as travaillé avec nos étudiants sur un dossier homme et cosmétique... pourquoi avoir sollicité des étudiants ? Et pourquoi ceux de Moda Domani Institute ?

C'est dans un premier temps Eric Briones (Darkplanneur) qui est venu à ma rencontre pour échanger sur le cosmétique au masculin et au fil de la discussion, il m'a parlé d'étudiants qui travaillent déjà le sujet et m'a proposé de prendre part à l'aventure. J'ai tout de suite dit oui, malgré des délais très courts. En effet je pense que les synergies sont toujours positives, et j'aime travailler en groupe. De cette façon les idées fusent, s'entrechoquent et permettent d'avancer. Enfin, je me renseignais par hasard sur Moda Domani Institute quelques semaines avant cela, par curiosité, cela a suffi à me convaincre.

- Es-tu satisfait de l'aventure ?

Oui très ! Les étudiantes avec qui j'ai pu travailler ont été très réactives et professionnelles malgré des délais TRES courts et nous avons finalement réussi à sortir un dossier plus que complet sur les cosmétiques chez l'homme. Je ne sais pas encore si ce dossier ouvrira la voie pour d'autres projets, mais j'en serais ravi.

- Adrien et toi avez animé cette semaine une rencontre professionnelle au sein de notre école, quel message fort as-tu voulu laisser aux étudiants ?

Beaucoup de choses ont été dites pendant cet échange d'une heure avec les étudiants, mais je pense que le message principal reste "Si vous avez envie de le faire, surtout lancez-vous, n'ayez pas peur, la pire chose qu'il puisse vous arriver est l'échec, et celui-ci reste positif".

J'espère qu'ils ont également compris l'intérêt professionnel du réseau, de la spécialisation, de l'apprentissage permanent de tout. Ce sont ces trois composantes qui feront d'eux un professionnel viable et compétent sur le marché du travail selon moi.

- Nous conseillons à nos étudiants de blogguer pour exister...est-ce un bon conseil ?

Blogguer ne permet pas forcément d'exister, mais cela apporte une multitude de compétence indispensables dans les métiers du digital aujourd'hui (et tous les médias deviennent digitaux...).

Le blogueur est multi-casquette, il doit tout comprendre, tout connaitre pour faire avancer son projet et de fait il se lancera dans de nouvelles choses qu'il n'aurait même pas croisé sans un blog.

Enfin, un blog reste un très bon CV, il exprime une rigueur, une constance et une volonté de s'impliquer dans des projets.

Alors pour répondre à la question, oui, c'est un très bon conseil.

- Qu'est-ce qu'on peut vous souhaitez de mieux pour 2015-2016 ?

Que cette belle aventure continue et que notre quotidien soit toujours aussi stimulant.


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